Capitalisme, communisme, integrisme, modernisme, matérialisme, traditionalisme, spiritualisme, totalitarisme, autoritarisme, socialisme, étatisme, laïcisme, christianisme, hindouisme, islamisme, nationalisme, patriotisme, collectivisme, individualisme, égoïsme, judaïsme, altruisme, libéralisme, nazisme, protectionnisme, sionisme, indépendantisme, économisme, racisme, militarisme, centralisme, monarchisme, syndicalisme, productivisme, colonialisme, extremisme, dogmatisme, pacifisme, théorisme, méthodisme, terrorisme etc...ainsi que leurs opposés précédés par "anti". L'idéalisme fait partie de notre histoire, de notre éducation, de notre mémoire et guide nos vies quotidiennes.
Tous ces mots ont la particularité de finir par "isme" et de désigner par leurs racines l'idéal dont la volonté se fait le garant au travers du temps. Pendant qu'intellectuels et autres éminents spécialistes de tout bord se répandent en explications comparatives, en justification ou condamnation de l'une ou l'autre de ces idéologies au gré de l'actualité ou de l'histoire, je me permets simplement les questions suivantes :
Quel idéal n'est pas la manifestation d'un processus de conformisme et d'exclusion au sein de la pensée ? Quel idéal ne consiste pas au conditionnement de la conscience et de ses actes par la répétition mécanique et volontaire de ses préceptes aussi "subtils" ou "évolués" qu'ils soient ? Quel idéal a apportée paix, liberté ou amour véritables que ce soit individuellement ou collectivement ? Quel idéal a résolu les problèmes de la souffrance et du labeur permanents que sont nos vies pour la plupart ? Quel idéal n'a pas été ou n'est pas source de conflit, de misère, de violence, de guerre et de meurtre dans le monde et dans nos sociétés ?
Pour l'esprit qui est capable d'observer librement de tels questions, d'un coup et d'un regard, la réponse est immédiate et c'en est terminé de toutes ces idées puériles et désastreuses dans son action... sinon la prison de l'idéal et son activité mécanique et mortifère continuent.
De cette observation en découlent d'autres :
Un esprit mécanique, conditionné par les idées et les croyances que sa volonté a érigée en idéal de comportement, préoccupé par la poursuite du plaisir que lui procure cet idéal quelqu'il soit, peut-il découvrir la réponse juste aux questions de la souffrance, de la violence ou de la liberté ?
| | La guerre des clowns |
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Les penseurs, les gourous, les intellectuels, les experts qui tapissent nos écrans, nos murs et nos livres, emplis de leur savoir constitués des affirmations ou des théories issues de l'expérience d'autrui ou de la leur et à partir duquel ils vous disent quoi faire ou ne pas faire et quoi penser ou ne pas penser, peuvent-ils vous aider à découvrir la réponse aux problèmes de la violence, de la souffrance comme aux innombrables conflits de nos vies ?
L'idéal n'est que la projection dans le présent et le futur de l'accumulation du passé sous forme de savoir, et si dans le champ de l'activité technique ce savoir est indispensable et utile, il n'en est pas de même dans le champ psychologique que sont les rapports humains.
Observer quelqu'un, les comportements et les actes, quoi que ce soit d'ailleurs, selon une technique, une méthode ou un objectif pré-défini ne comporte aucune nouveauté ni aucune qualité de découverte. Une telle observation est déformée par les limitations et le conditionnement de l'observateur et n'aboutit qu'à une réponse ou une action limitée et conditionnée elle-même.
Hors si il est question de découvrir la possibilité d'une action entièrement neuve face aux réalités immédiates de nos vies et de ce monde en désagrégation, et il n'y a aucun choix que l'urgence de ce défi pour un esprit sérieux qui constate l'inaptitude et l'échec de tout ce qui est issu du passé et du connu (en dehors du domaine technologique), il est aussi évident qu'une telle qualité d'observation ne peut naître que dans un esprit libre de tout le conditionnement accumulé par la mémoire, dont l'idéal fait partie.
On peut se demander si il n'y a pas incohérence dans le fait d'envisager que la liberté d'observation soit indispensable à la découverte d'une action neuve, sans trace du passé ? Cette confusion n'est-elle pas justement l'expression de la pensée conditionnée à l'idée selon laquelle l'action est toujours séparée de l'observation par l'intervalle de temps qu'est la pensée ?
Si vous vous êtes déjà trouvé au contact d'un véritable danger, non pas d'une peur, peut-être avez-vous constaté à cet instant que l'action et l'observation ne font qu'un et que la pensée n'intervient... pas du tout ?
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