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La loi du marché : Deviens un Homme, lève toi et march...ande ! (24 Novembre 2008)



Léve toi et march...ande !

Voilà en peu de mots exprimée l'hypocrisie dans laquelle baigne le monde dans lequel je suis né et je vieillis, monde dont les concepts et les idéologies n'ont jamais eues pour autre vertue morale réelle que la recherche et le commerce du plaisir.

Une hypocrisie telle que ce monde justife ou du moins envisage qu'un quelconque acte de violence puisse être gratuit ou involontaire, pensant  d'une  facétie intellectuelle de plus se dérober à la réalité des liens dirècts existants entre agressivité, plaisir et volonté, mécanismes de la pensée dont il est le résultat, l'expression et le promoteur quotidien.

Aucune violence, aucune agression qu'elle soit verbale ou physique n'existe sans motivation, désir ou volonté d'obtenir un plaisir, qu'il soit procuré par l'acte sexuel, les possessions d'argent, de biens matériels, de la domination ou d'une quelconque forme de respectabilité.

La sainteté et la morale du prêtre, du politique ou de l'homme d'affaire ne sont rien d'autre que conditionnement, poursuite et marchandage du plaisir. Que cette recherche de plaisir soit plus noble ou respectable que celui de l'Homme de la rue, il est en vérité tout aussi trivial, source de conflit et de violence par sa nature.

Les soi-disant esprits religieux (le mot religion signifie ce qui relie et non pas ce qui divise) se sont évidemment rendus compte des dérives  violentes et destructrices de la poursuite du plaisir et ont tenté d'y répondre en inventant l'idée d'un au-delà ou d'une forme de transcendance quelconque de l'esprit. Par l'espoir d'un plaisir plus vaste ou illimité elles ont pensée discipliner la conscience par la contrainte et l'effort. Elles se sont livrées à la volonté, la propagande et  l'exploitation  d'un plaisir qu'elles jugent supérieur ou ultime, qu'elles le qualifient de divin, d'amour, de bien, de vérité ou de vertue, en opposition aux plaisirs qu'elles condamnent.

Il n'y a en fait de différence entre volonté et désir que l'intensité de la recherche du plaisir attendu. Tous deux expriment la même action limitée par essence puisqu'aussi nombreux que soient les plaisirs que la volonté poursuit ils sont aussi finis, limités et vieux que la mémoire qui en habrite les expériences.

Il n'existe en fait de volonté ou de conscience illimitée que les diverses idées d'éternité (ame, karma etc...) que la pensée s'invente et dont elle se persuade avec le temps, en résistance à l'intuition dérangeante du caractère temporel et fini de son activité, et de son inéluctable fin qu'est la mort.
Crise du PS, crise de l'ego, crise planétaire


L'individu et l'Humanité se sont ainsi enfermées dans les pièges de  l'intellect et de ses fabrications, faisant de l'ego un sujet d'admiration succeptible par la volonté et le temps d'apporter ou d'engendrer un quelconque changement profond et véritable dans son action ou sa nature.

Cette approche du changement est totalement fausse et erronée et la récurrence des crises ou des conflits individuels et collectifs en est  le témoignage permanent.

Il n'y a pas plus de liberté ou de compréhension véritables dans la conscience que dans la volonté qui en est le moteur, pas plus de liberté et de compréhension véritables dans la recherche du plaisir qu'il n'y en a dans la condamnation qui résulte lui-aussi d'un idéal de plaisir considéré plus noble.

Que ce monde ne sache pas regarder ses actes tels qu'ils sont ne changent rien à la violence et à la laideur sans mot que sont ses actes d'agressions quotidiens : Viol, exploitation, controle, marchandisation, suppression de l'esprit ou du corps d'un animal comme ceux d'un être humain, qu'il soit agé, jeune ou encore dans le ventre de sa mère.

Cette hypocrisie ne change rien non plus à la profonde laideur qu'est la conscience qui fait du plaisir, de la volonté et de la culpabillité sources de tout conflit et de toute souffrance un modèle d'éducation ou de société auquel il s'agirait de s'adapter ou de s'agripper de peur d'un lendemain qui échapperait à la fausse sécurité du connu.

Une nouvelle vague mondiale de luttes destructrices plutôt que le salutaire silence de l'ego et la fin du marchandage des futiles idéologies de grandeur.



© 2007 2010-Ludovic Doyard (écrivain indépendant)                                                 Mise à jour : mardi 6 juillet 2010