Benazir Bhutto, une personne de plus tombée dans la lutte pour le pouvoir, avec au moins 150 personnes dans son sillage. Et les émissions, articles et débats se succèdent sur nos chaînes françaises, avec les cohortes d'experts, au rythme des actes de violence. Chaque expert nous livre sur un plateau, c'est le cas de le dire, son explication de tel ou tel acte de violence, l'histoire du phénomène, son origine et ses causes, le condamne ou le justifie parfois. Des heures et des piles de mots qui visiblement n'apportent aucune véritable solution et n'arrêtent rien à cette vague croissante de violence partout dans le monde.
Il apparaît plus important aux yeux de nombre de personnes, au premier rang desquels les spécialistes et tous ceux qui vivent et se repaissent de leurs savoirs, de parler, de déverser des mots, des angoisses, des théories et des opinions et d'en convaincre, que de résoudre et d'en terminer avec les problèmes. Parce que franchement est-ce que savoir pourquoi tel ou tel groupe, telle ou telle idéologie, telle ou telle volonté engendre les actes de violence, l'agression, la guerre, le meurtre, qui est le méchant et qui est le gentil de ceux qui s'entre-tuent, empêchent ou arrêtent la violence ? Que ce soit par le passé ou aujourd'hui la réponse est définitivement non ! Peut-être que les experts l'ignorent ? A force de se concentrer sur une paille on ne voit que la paille...ou bien les experts le savent mais ils continuent...comme quoi ils savent surtout leur intérêt. En tout cas savoir et expertise ne sont pas à confondre avec intégrité, clairvoyance ou fin d'un problème.
Les média nous servent donc ces anciennes nouvelles autorités, dénommées "experts" c'est mode, de ceci ou de cela, les champions de l'intellect, de l'explication, de la solution et de l'action fragmentaires... ces gourous d'aujourd'hui qui, comme tous les gourous de l'histoire, n'ont jamais rien résolu aux problèmes fondamentaux de l'humanité, n'ont jamais éradiqué la violence humaine mais dont on continue d'attendre la solution. Vous les trouvez partout dans le monde ces ambassadeurs de la pensée ; ces gourous de tous horizons passent leur existences à exprimer dans le meilleur des cas leur propres expériences, fournir des explications aux souffrances, inventer des causes, à prêcher leurs méthodes, des idéologies ou des croyances aussi vieilles que les qualificatifs "original", "nouveau", "moderne", "innovant", "révolutionnaire" dont ils les affublent, qu'ils tentent de faire nôtres devant la peur de l'avenir ou de la mort dont ni eux ni nous ne savons rien en vérité mais qu'ils agitent en permanence et qui paralysent nos corps et nos esprits en nous rendant inattentifs...
Bref les respectables descendants, collègues ou représentants de tous ceux qui n'ont jamais fait que s'habituer, banaliser, s'attacher et faire admettre la violence de l'Homme sur l'Homme et sur son environnement en la prétendant au gré des saisons libératrice, naturelle, divine, génétique, inéluctable et autres puérilités ! En fait ces gens dépendent des problèmes auxquels ils font mine de se confronter, je dis mine parce que sans ces problèmes, plus de confrontation et sans la confrontation qui est leur source d'énergie ils n'existent plus, et ne plus exister leur fait peur.
| | Relativité de la théorie et vitesse de la pensée |
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Nombre parmi les générations récentes semblent se révolter contre les croyances religieuses qui ont toutes échouées depuis des millénaires à répondre aux désespoir, à l'angoisse et aux souffrances de leurs aînés, mais ces mêmes générations poursuivent et reproduisent sous d'autres formes la même erreur qui consiste à s'identifier à une idéologie, une théorie, une image, un nom et des mots, et continuent finalement ce processus de fuite en avant de la pensée qui prétend découvrir, s'approprier et maîtriser avec le temps cette chose dont elle ne connaît absolument rien mais qu'elle baptise des noms propres à sa culture ; inconnu, "dieu", sacré, éternel, amour... peut importe le mot, celui qui prononce le mot "arbre" sans être à son contact ne connaît que le mot et l'image qui ne sont jamais la réalité de la chose.
Si quoi que ce soit d'inconnu et de nouveau existe, ce n'est pas dans la pensée, dans ses actes ou ses fabrications intellectuelles qu'il se trouve. La pensée est le temple du temps, du passé, du vieux et du connu que forme la mémoire. La violence fait partie de ce sanctuaire et rien de ce qui s'y trouve n'y mettra jamais fin parce que rien de ce qui s'y trouve n'y a jamais mis fin. Ni liberté, ni paix, ni amour, ni vie ne jaillissent de la pensée... que des mots.
La seule chose qu'un humain puisse faire devant le fait de la violence est de l'observer, d'y être attentif de tout son être, non pas intellectuellement ou à l'occasion de tel ou tel évènement, mais avec la totalité de son être où qu'elle se présente. Alors peut-être découvrira t'il la véritable source de la violence qu'est la pensée elle-même et de son entière et totale responsabilité dans la moindre manifestation et répétition. Ce qui n'est pas continuité ni accumulation du temps qu'est la pensée ne connaît ni début ni fin et cette action qui n'est pas l'action du temps ni de la pensée, qui est indescriptible et immesurable est l'inconnu.
N'en déplaise à tel ou tel esprit le fait du terrorisme, qui est une forme d'expression de la violence, est celui d'un esprit qui se débat dans la cage de ses peurs, celles de son début et de sa fin, de sa vie et de sa mort, de la fin du temps psychologique qu'est sa pensée elle-même. L'image et le souvenir ne sont jamais que choses mortes avec lesquelles la pensée se donne l'illusion de l'immortalité.
Madame Bhutto poursuivait le pouvoir au nom d'un idéal tout comme l'Homme qui s'est fait explosé après lui avoir tiré une balle dans la tête poursuivait le pouvoir au nom d'un idéal. Quelque soit cet idéal, c'est l'idéal qui a tué et continue de tuer. Qualifier l'un de bien et l'autre de mauvais n'a de sens que pour celui qui poursuit lui-même un idéal, l'idéaliste qui, incapable de regarder en face la futilité et la violence de son obsession, l'échec de ses promesses et de son action, se recherche et désigne un bouc-émissaire afin de s'innocenter et de justifier l'action de sa propre violence. L'idéaliste fait acte de violence alors qu'il prétend lutter contre ou se protéger d'elle par son idéal. Quel aveuglement non ?
L'idéal est violence et division, ici aucune liberté ni aucun rapport véritable avec quoi que ce soit. L'idéal est affaire de temps, de progression et de contrainte, la vie est sans contrainte, elle est maintenant ou jamais. L'idéal, religieux ou politique, mène la destruction du monde car il jaillit de la peur et de la violence que sont la pensée et la volonté. Continuez de tourner autour du problème si vous le souhaitez, à survoler les évènements et les enjeux de l'experte indifférence que favorisent les opinions et les idées pré-conçues, mais si votre sensation de sécurité provient de ce savoir passé et accumulé sachez qu'il rend impossible l' observation et la compréhension de ce qui est actuel et donc l'action juste.
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