Deux enfants à moto sont morts des suites d'une collision avec un véhicule de police. Le fait est que ces deux enfants ne voient plus, n'entendent plus, ne bougent plus, ne pensent plus, ne parlent plus, n'éprouvent plus aucun sentiment et n'ont plus rien à attendre de leurs vies qui se sont terminées en un instant. Voilà ce qu'est la mort. Dans cette collision aucun adulte n'est mort. Voilà ce qu'est la vie.
Et puis immédiatement les a priori vont bon train. Pour les pouvoirs publique la police est innocente, pour les "jeunes" du quartier elle est coupable. Chacun prétend demander que la justice éclaircisse les responsabilités de manière indépendante mais les uns comme les autres jugent déjà et le font savoir. Personne ne se sent responsable et chacun conclue à son innocence. Et chacun de faire acte de violence au nom du rejet de la violence. Pour des individus qui pensent que tout les séparent voilà bien un comportement qu'ils ont en commun...
Quelle société hypocrite ou le sentiment de responsabilité et d'engagement se limite au respect de la loi, ou le sens de la responsabilité consiste à être classé dans la catégorie innocent ou coupable, victime ou criminel !
Quand je suis au guidon d'une moto ou au volant d'une voiture ne suis-je pas responsable de chacun de mes actes ? Quand je me mets moi-même ou quelqu'un d'autre en danger, que je le blesse ou que je le tue volontairement ou par mon inattention, mon imprudence, qui d'autre que moi-même est responsable de cette action ?
Le fait que l'action d'un individu soit conforme à ce qu'attendent la loi, la société ou une autorité quelconque fait elle de cet individu quelqu'un d'irresponsable ? "Le policier" justifie ses actes par le devoir et le conformisme aux règles édictées par l'état qui combat tout ce qui s'oppose à son autorité. Quant aux "jeunes" des banlieues ils justifient leurs actes par le devoir et le conformisme à leur propre autorité qui dit de combattre tout ce qui s'y oppose. Les uns s'opposent aux autres et le fait de cette opposition est violence, du jugement, des paroles et des actes.
| | L'illusion de Monsieur Du temps |
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D'un coté comme de l'autre vous pouvez bien cacher, justifier ou légitimer la violence de vos actes mais pourquoi vous étonnez alors qu'elle se répète puisque vous l'entretenez quotidiennement ?
Vous êtes peut-être innocents ou coupables aux yeux de vos autorités mais ça ne change rien et ne résout rien au problème de votre violence. Résoudre le problème de la violence c'est comprendre et résoudre la sienne. Comprendre la violence demande bien plus d'intelligence et de doute que d'en faire une tradition ou d'en tirer un pouvoir quelconque. La violence, la loi ou l'autorité s'imposent avec le temps et le conditionnement mais l'intelligence tout comme l'amour et la liberté jamais. Si vraiment vous, jeunes ou moins jeunes, êtes préoccupés par la violence, la corruption et la désagrégation continue de cette société c'est à la compréhension de ce monde qu'il faut consacrer votre énergie et non la gaspiller dans une révolte purement extérieure et superficielle comme l'ont pratiquées les générations passées ou celle qui vous entourent.
C'est à chacun de questionner au lieu d'accepter, d'examiner au lieu d'admettre, d'observer au lieu de détourner les yeux, de comprendre et de découvrir par lui-même au lieu de se soumettre à l'opinion d'un autre ou du groupe. Chacun d'entre nous est responsable de cette misère personnelle et collective dont fait partie la croyance en l'irresponsabilité d'un acte, aussi minime qu'il paraisse. Celui qui s'innocente parce qu'il se contente de faire "son devoir", "son travail" ou "d'obéir" est responsable de limiter son esprit à l'autorité intérieure à laquelle il est soumis, de quelque nature qu'elle soit. La liberté est une responsabilité complète qui ne connaît ni division ni violence.
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