La vue qui déblogue !

Qu'est-ce qu'être français ? La soif d'identité. (Le 5 novembre 2009)


Connaissez-vous un seul enfant, avez-vous vu de vos propres yeux un seul petit être humain, un seul être vivant sortir du ventre de sa mère avec des papiers à la main, en déclamant son identité, en récitant les lois ou en scandant l'hymne national ? Evidemment que non ! La naissance tout comme la vie est l'essence même de l'étrangeté. Elle a lieu ou elle n'a pas lieu c'est un fait.

Donc au commencement chaque humain est un étranger, ce n'est que de la bouche et de la main des humains qui l'entourent que l'enfant reçoit une identité, à commencer par ses géniteurs et l'état qui la lui imposent : nom, prénom, nationalité. L'enfant est marqué et reconnu. Ce n'est qu'au terme d'un plus ou moins long processus de répétition et de mémorisation qu'il finira par prononcer et se reconnaitre dans cette identité.

Personne ne nait français, américain, indien et ainsi de suite. La nationalité est le résultat d'un conditionnement de la pensée, une pure construction mentale, voulue, organisée et imposée par l'autorité de l'état, dont la famille est une entité, qu'elle en soit consciente, fier ou non. N'importe qui peut observer et constater ces faits.


lutter contre le réchaufement

La nationalité et toutes les idées, les règles, le folklore, les bains de fierté, d'agressivité et de sang qui vont avec sont le résultat même de cette soif d'identité, de la peur de l'anonyme, de l'étrangeté, de l'inconnu.

La liberté, la compréhension et l'amour du prochain n'ont absolument rien en commun avec le conditionnement à un quelconque sentiment d'appartenance idéologique, qu'il soit national, mondial, religieux, politique, culturel ou autre, pas plus qu'avec la peur, les divisions, les conflits et la violence qui les accompagnent inévitablement. 

L'examen sérieux de cette question est dérangeant car il dévoile l'hypocrisie et les contradictions de nos intentions, de nos propos, de nos idéaux, de nos actes présents et passés. Décidément nous nous accrochons à nos images comme un esclave à ses chaines.










© 2007 2010-Ludovic Doyard (écrivain indépendant)                                                  Contact&webmaster : ludovic.doyard@espritenvol.frMise à jour : mardi 2 mars 2010