Devant les effets globaux et concrèts de la crise financière et économique, devant l'angoisse, le mécontentement, la colère et le sentiment de défiance grandissant des populations face aux pouvoirs politiques et économiques, les gouvernements se retrouvent contraints de reconnaitre l'action immorale et corrompue d'un système économique mondial qu'ils ont eux-mêmes fondé, dont ils ont défini les règles et les principes et qu'ils n'ont cessé de promouvoir et de renforcer. Ces gouvernements qu'ils soient de gauche ou de droite tentent de détourner la responsabilité des conséquences de leur propre aveuglement, de leurs propres erreurs, de leur propres décisions, de leur propres lois, de leurs propres actions individuelles et collectives sur quelques bouc-émissaires déclarés coupables a sacrifier sur l'autel de l'hypocrisie générale.
L'ensemble des gouvernements et des organisations politiques, des autorités et des spécialistes économiques, ceux qui ont consciemment ou inconsciemment engendré la crise, qui ne l'ont pas vu venir ou du moins qui ne l'ont pas empêchée, viennent aujourd'hui expliquer sans avoir examiné ni même questionné la nature profonde de l'extraordinaire cécité, de l'éclipse globale de lucidité dont ils font preuve depuis des décennies, les causes et les réponses justes à cette même crise...
Selon eux l'immoralité et la corruption étant l'effet de quelques individus ou entités isolées dont ils ne font évidemment pas partie, la preuve ils l'affirment pendant que les fameuses entités isolées jaillissent sur les écrans comme les lapins du chapeau l'idiot, la nature du système n'est donc pas en cause. La vérité de l'innocence du système s'étant glorieusement manifestée par les juges et parties, les traditions idéologiques n'ont plus qu'à s'affronter sur le terrain de la relance et
| | La Conformitude : Yes we can ! |
| des ajustements du moteur. On continue ainsi les cultes millénaires du profit et de la rentabilité, de l'avidité de pouvoir, de richesse ou de reconnaissance, de la soif du toujours plus, de l'esprit de rivalité malgré l'agressivité, la corruption, l'exploitation, les conflits, les violences, les souffrances psychologiques et physiques qu'ils engendrent... on relance la crise.
Attendre d'un gouvernement, d'une autorité religieuse ou d'une quelconque organisation qu'elle s'attaque véritablement au problème est illusoire, une pèrte de temps et d'énergie pour un esprit sérieux. L'action véritablement morale n'est évidemment pas celle du politicien, pas plus que celle du prêtre ou de l'homme d'affaire qui poursuivent la respectabilité d'un monde bati sur l'avidité, la violence et l'hypocrisie. L'action morale n'est la réaction d'aucun conformisme, d'aucune idéologie ni d'aucun principe particulier ; ce type d'action purement mécanique ne contient aucune qualité vivante. L'action véritablement morale ne recherche aucun profit, aucun résultat, aucune reconnaissance, elle est sans mobile. L'action morale est négation de toute morale.
C'est à chaque individu d'engendrer non pas une révolution idéologique de plus qui n'aurait pour effet que de substituer à la tyrannie en place une autre forme de tyrannie et ses désastres, mais une mutation au sein de sa propre conscience. Cette mutation profonde de la conscience est la seule action succeptible d'engendrer une action et une société véritablement neuve.
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